Avons-nous vraiment des défauts ?

« J’ai un défaut à corriger… »

C’est une phrase que j’entends très souvent en coaching, en formation, ou même dans la vie quotidienne : « On m’a fait ce retour, je sais que c’est mon point faible ».

Ces mots sont prononcés avec sérieux, parfois avec lassitude ou résignation, comme si la personne arrivait déjà avec l’idée qu’elle n’était pas tout à fait « comme il faudrait ».

À chaque fois, je me demande : et si le sujet n’était pas le défaut… mais le regard que nous portons sur nous-mêmes ?

D’où vient l’idée ?

Le mot défaut est omniprésent, depuis la maison, l’école, les évaluations professionnelles, le management… tout au long de la vie.

Pourtant, il n’est pas neutre. Parler de défaut suppose :

  • qu’il existe un modèle implicite du « bon » individu,

  • que ce modèle soit désirable,

  • et que l’on évalue chaque personne d’après cette norme.

Un défaut n’est donc pas un fait objectif : c’est un jugement, posé depuis un cadre culturel, social ou organisationnel.

Ce cadre valorise certaines manières d’être – par exemple des qualités de rapidité, assurance, contrôle - et en dévalorise d’autres - les défauts de sensibilité, prudence, profondeur.

Selon le contexte, tout peut s’inverser : la rapidité peut devenir défaut et la sensibilité une grande qualité !

Autrement dit, ce que l’on appelle défaut est souvent simplement une manière d’être qui ne correspond pas aux attentes du système à un instant T.

Ce que j’observe en coaching : le lien avec l’estime de soi

Quand une personne se définit par ses défauts, je constate souvent :

  • une capacité critique vis-à-vis de son environnement, avec tendance à voir ce qui ne va pas plutôt que ce qui fonctionne bien,

  • une difficulté à reconnaître sa propre valeur,

  • un rapport exigeant avec elle-même et avec les autres, marqué par des attentes élevées dans ses relations.

C’est l’amour propre qui est touché. Se penser comme « défectueux » entretient une tension intérieure, qui coûte en confiance, énergie et vitalité.

Ce que nous apprennent les neurosciences et la psychologie

Le cerveau ne distingue pas une attaque extérieure d’une attaque intérieure : l’autocritique active les mêmes circuits que le danger - stress, vigilance excessive, fermeture.

À l’inverse, l’autocompassion favorise sécurité psychique, apprentissage et transformations durables.

La psychologie positive et les recherches sur les forces de caractère vont dans le même sens : les individus progressent davantage lorsqu’ils s’appuient sur leurs forces que lorsqu’ils cherchent à corriger des faiblesses.

Cette approche rejoint aussi les travaux d’Albert Bandura sur le Sentiment d’Efficacité Personnelle : plus une personne se sent capable, plus elle persévère, apprend et réussit. En valorisant ses talents, elle renforce sa capacité à agir efficacement.

Talents, forces et compétences : changer de carte mentale

Je distingue clairement talents et compétences :

Talents / forces

  • innés, profondément liés à la personnalité,

  • singuliers et non comparables,

  • ce que l’on aime faire et que l’on fait naturellement bien.

Compétences

  • s’acquièrent, se développent, et évoluent avec le temps et le contexte.

Les « défauts » sont souvent :

  • des talents non reconnus,

  • des forces sous-estimées,

  • ou des compétences encore en développement.

Changer ce regard change profondément le rapport à soi.

Et si le « défaut » était une force mal régulée ?

Souvent, un défaut n’est qu’une force intense non reconnue ou mal contextualisée.

Exemples :

  • La sensibilité développe empathie, chaleur et attention aux autres. Sans régulation, elle peut générer sur-adaptation ou culpabilité.

  • Le contrôle permet structuration, organisation et anticipation. Sans ajustement, il peut créer rigidité ou tension relationnelle.

  • L’engagement permet investissement, persévérance et contribution. Sans limites claires, il peut conduire à la surcharge ou l’épuisement.

  • L’imagination stimule vision, créativité et capacité à se projeter. Sans cadre, elle peut être perçue comme retrait ou difficulté à passer à l’action.

  • L’audace favorise initiative, adaptabilité et prise d’opportunité. Mal canalisée, elle peut devenir impulsivité, précipitation ou prise de risque excessive.

  • L’enthousiasme soutient spontanéité, optimisme et esprit ludique. Sans structure, il peut être vécu comme dispersion, agitation ou manque de constance.

Parler de défauts perd alors tout son sens : ce sont des forces à reconnaître, apprivoiser et ajuster selon les contextes.

Impact sur l’accompagnement 

Changer de regard transforme la posture :

  • en coaching : reconnaître, sécuriser, révéler et permettre le déploiement, plutôt que réparer.

  • en management : sortir de la logique correctrice pour valoriser la singularité.

Les collectifs deviennent plus vivants quand ils cessent de vouloir uniformiser les individus.

La triple alliance : formation professionnelle, coaching et santé

Chez co.RESPIRaction, mon point d’appui est toujours les talents.

Mon rôle : r.éveiller les talents, c’est-à-dire les forces propres à chacun, pour permettre aux individus et aux collectifs de se développer pleinement.

  • Le coaching permet de comprendre fonctionnement, moteurs et ressources, et de redonner toute légitimité aux talents.

  • L’ingénierie pédagogique permet de développer les compétences à partir des talents, et non contre eux.

  • Le coaching de santé veille à la vitalité des personnes : lorsqu’elles arrivent fatiguées, sous tension, ou en prévention de l’épuisement, c’est un acte de préservation de la santé.

Cette triple posture permet un accompagnement profond, durable et respectueux.

Et si le véritable enjeu n’était pas de corriger des défauts qui n’existent pas, mais de créer les conditions pour que chacun puisse reconnaître, réguler et déployer ses forces, afin de rester en pleine vitalité, en lien avec ce qu’il est, et reconnu dans sa singularité ?

Prêt.e à explorer vos talents ?

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Lectures inspirantes :

  • Apprendre et faire apprendre, Etienne Bourgeois et Gaëtane Chapelle

  • Traité des sciences et des techniques de la formation, Philippe Carré et Pierre Caspar

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